Développement personnel : À un millimètre près

Updated: Mar 17, 2021

On a beau entendre certaines choses mille fois, la mille-et-une-ième fois peut être le déclic !



A 4mm près


Partie pour une séance de bronzage sous le soleil californien dans mon jardin j’ai eu l’envie de lancer un podcast pour m’occuper l’esprit. Si possible, utilement ou en tout cas agréablement. Je me suis souvenue des heures passées à écouter les épisodes de “L’émifion*” de Madmoizelle, en autres podcasts, et le plaisir que j’en tirais, à écouter les blagues et histoires perso de ses animatrices, de même que les prises de conscience qui venaient avec.


(*L’émifion était un podcast sexo proposé par le media Madmoizelle, dans lequel les animatrices Navie et Sophie-Marie Larrouy parlaient d’amour, de plaisir, de sexualité, des corps et des complexes, sans tabou et en se basant sur des études et des recherches autant que sur leurs expériences perso. Pour plus de conseils en matière de podcasts à écouter je vous propose d’aller lire l'article où je vous parle de mes 5 podcasts préférés [lien à venir] !)


Ce jour-là cependant j’étais plutôt d’humeur développement personnel et, sans podcast précis en tête, j’ai donc demandé à mon ami Youtube de me trouver un petit quelque chose pour passer le temps… Et c’est comme ça que je suis tombée sur la conférence “4mm” de David Laroche. Pas un “podcast” à proprement parlé, je l’ai écouté tout pareil. Et un détail dans ses 40 minutes de conférence, un mot, une phrase, a suffit à me donner envie de vous écrire à ce sujet. Me voici donc cul nul, en claquettes et en casquette, à mon ordi, avant que les mots ne s’envolent.



De l’exaltation à la déception post-inspiration


Que ce soit en écoutant des podcasts, en assistant à des conférences ou en ayant des conversations particulièrement inspirantes avec certaines personnes, je pense (j’espère) qu’on a tou.te.s ressenti au moins une fois cette exaltation qui vient avec l’impression que tout est possible. C’est tellement fantastique que nos rêves semblent à portée de main. On les toucherait presque du bout des doigts. Il suffirait juste d’un peu d’huile de coude ! On aimerait rentrer en courant et mettre cette motivation en application avant qu’elle ne s’envole.


Et il m’a bien inspiré Mr Laroche, avec comme premier point de développement personnel se demander “pour quoi” on se lève le matin, et comment tendre vers un but donne non seulement un sens mais surtout un bien plus grand élan à tout ce qu’on entreprend. J’ai également beaucoup apprécié son discours sur le faire que notre objectif ne sera jamais vraiment atteint, et que le succès n’est pas aussi absolu qu’un oui ou non, un un ou un zéro, mais un vaste jeu de “chaud-froid” où l’on essaie de se rapprocher, par élimination, de ce qui nous fait vibrer, de ce “pour quoi” on se lève le matin…


Rien de très novateur dans tout ça, mais j’étais transportée. J’avais l’impression de savoir ce que je voulais faire de ma vie et que chaque jour où je me souviendrais des mots de cette conférence je ne pourrais qu’être portée par un élan de motivation inébranlable.


Mais la réalité, c’est qu’à peine sorti.e.s de ce genre de beau moment, on se retrouve seul.e à nouveau, face à nos doutes. Je ne sais pas pour vous, mais c’est quelque chose qui me déprime un peu à chaque fois. La léthargie revient vite. Ou alors une frénésie proactive qui ne va nulle part, par peur de se tromper de route, et qui finit par rester plantée là et se muer en frustration et/ou en flemme. Comme un feu de paille.


Comme le dit si bien David Laroche dans sa conférence, on se dit “ah, ça ne marche pas leur truc”. Comme si on s’attendait à un miracle. Un résultat immédiat.



A 1mm près


Dans tout travail psychologique il y a une limite à l’aide qui peut nous êtres apportée de l’extérieur. Même un psy ne peut que vous donner des pistes à explorer vous-même, vous poser les bonnes questions pour que vous trouviez vos propres réponses, et vous laisse seul.e, mais soutenu.e, faire face au plus gros du travail. Il en va de même avec les discours de développement personnel. Et si l’on suit l’idée de Laroche, c’est à chacun de se demander et se rappeler chaque jour qui passe pour quoi on fait ce que l’on fait. Passée l’exaltation de l’inspiration, passée sa retombée, c’est à chacun de se décider à se mettre en action. Et trouver l’énergie pour le faire.


Les doutes font partie du procédé. Les moments vides de toute motivation également. Les hauts et les bas sont normaux, de même que les échecs. On le sait. (Référence tirée de cette conférence : Pensez à un bébé, il devra échouer au moins deux mille fois avant de réussir à marcher. Pourtant il continue d’essayer.) Et pourtant nos doutent et la peur de l’échec nous semblent toujours aussi insurmontables. Parce qu’on vise haut, peut-être trop haut d’un coup, et que chaque moment d’inaction ou de recul nous décourage.


Adolescente j’ai intégrée l’idée, pour me consoler de ma solitude, que chaque bel instant que j’aurais aimé partager n’était pas perdu pour autant puisque, quelque part, je l’intégrais à la masse de mes souvenirs et de mes savoirs. Je m’appuyais sur une citation d’Amy Lee, la chanteuse du groupe Evanescence : “Memories feed imagination”, “les souvenirs nourrissent l’imagination”. Plus tard, je me suis répétée la même chose quand des éléments m’inspiraient, à écrire, dessiner ou agir, mais que je n’avais pas les moyens ou la confiance suffisante pour en faire quelque chose. “Ce n’est pas grave, c’est toujours là quelque part.” Plus récemment, surtout en voyageant, j’ai pu poser les mots sur ce qui me poussait à rencontrer des gens : Chaque rencontre m’apprend quelque chose. Même si c’est infime, même si je n’en ai pas conscience.


Et c’est ce que ses deux cent interviews ont appris à David Laroche : Souvent il savait déjà ce que ces personnes lui disaient, mais il suffit d’un mot, une tournure de phrase, une histoire ou une attitude, pour générer un déclic. Pas besoin de grande révélation fracassante. Pas même besoin se se sentir différent.e après un moment d’inspiration. Laissez la motivation retomber. Un détail aura suffit à vous faire dévier de peut être un millimètre sur votre chemin. Et même s’il peut falloir des années pour s’en apercevoir, cela vous mènera à des kilomètres de la destination que vous aviez alors à l’esprit, et, espérons-le dans la bonne direction. Celle de votre “pour quoi”.


Chaque millimètre compte !



Avez-vous déjà vécu ces montagnes russes de motivation et de léthargie suite à des discours ou conversations inspirantes ? Et y a-t-il des mots, des phrases, des détails dont vous pouvez sentir l’impact positif incroyable qu’ils ont eu au fil du temps sur vos rêves et projets ?



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